Ma plateforme crypto est-elle autorisée ?

En bref : depuis le 1er juillet 2026, toute plateforme qui achète, vend ou garde des cryptos pour des clients européens doit, sauf rares exceptions, avoir un agrément MiCA (ou, pour une banque, avoir notifié son activité). Celles qui ne l'ont pas doivent cesser de servir l'Europe : c'est le cas de Binance, qui n'a toujours pas d'agrément. Pour savoir où vous en êtes, il suffit de quelques minutes : trouver le nom légal de la société avec laquelle vous avez signé, le chercher dans le registre de l'ESMA, puis vérifier qu'il n'apparaît pas dans les mises en garde de la FSMA. Un agrément rend une plateforme surveillée ; il ne rend pas vos cryptos sans risque.

Mis à jour le 19 octobre 2026. Cet article ne constitue pas un conseil financier.

Ce qui a changé le 1er juillet 2026

Le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets, règlement (UE) 2023/1114) s'applique aux prestataires de services crypto depuis le 30 décembre 2024. Il les appelle CASP (crypto-asset service providers) : plateformes d'échange, services de conservation, courtiers, applications qui permettent d'acheter du bitcoin.

Les prestataires déjà actifs légalement avant cette date ont pu bénéficier d'une période transitoire, dont chaque pays fixait la durée dans la limite prévue par MiCA. En Belgique comme dans l'ensemble de l'Union, elle s'est terminée au plus tard le 30 juin 2026 : depuis le 1er juillet, un prestataire sans agrément doit cesser ses services crypto en Europe (FSMA, 2026a). L'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) leur a demandé d'arrêter immédiatement d'accepter de nouveaux clients et de faire de la publicité, et d'organiser une sortie ordonnée : laisser les clients vendre ou retirer leurs avoirs, avec un calendrier clair (ESMA, 2026b).

En Belgique, MiCA a été complété par la loi du 11 décembre 2025, qui partage la surveillance entre la FSMA (Autorité des services et marchés financiers) et la Banque nationale de Belgique (FSMA, s.d.-a). À la fin de la période transitoire, la FSMA n'avait encore délivré aucun agrément à un prestataire belge (FSMA, 2026a).

Cela ne veut pas dire qu'un Belge n'a pas accès à des plateformes autorisées, grâce au passeport européen : une plateforme agréée dans un pays de l'Union peut servir les 27 États membres, pour les services couverts par son agrément. La plupart des plateformes que les Belges utilisent sont agréées ailleurs : au Luxembourg, en Irlande, aux Pays-Bas, en Espagne, en Autriche ou à Chypre.

Deux voies légales seulement : un agrément MiCA de CASP, délivré par l'autorité d'un État membre, ou une notification faite par une entreprise déjà agréée pour autre chose (banque, entreprise d'investissement, établissement de monnaie électronique…), qui reste alors surveillée par son autorité habituelle. Une ancienne inscription nationale, une licence hors d'Europe ou un enregistrement anti-blanchiment ne suffisent plus.

Vérifier sa plateforme en cinq étapes

1. Trouver le nom légal, pas la marque

Une même marque peut couvrir plusieurs sociétés dans plusieurs pays, et seule celle qui est agréée vous protège (ESMA, 2026a). Cherchez la dénomination exacte dans les conditions générales, au bas du site ou dans l'application, rubrique « mentions légales ». Exemple : pour les clients européens, derrière la marque Bit2Me se trouve la société espagnole Bitcoinforme S.L. ; derrière les services crypto de Revolut, Revolut Digital Assets (Europe) Ltd, à Chypre (registre ESMA, octobre 2026).

2. Le chercher dans le registre de l'ESMA

L'ESMA tient le registre MiCA des prestataires agréés, alimenté par les autorités nationales et mis à jour chaque semaine. Il se présente encore comme un tableau téléchargeable (fichier CSV) sur la page MiCA de l'ESMA : on l'ouvre dans un tableur et on recherche le nom de la société (ESMA, s.d.). Vérifiez :

  • que la société y figure ;
  • quelle autorité l'a agréée, et depuis quand ;
  • quels services sont couverts (conservation, échange contre des euros, échange entre cryptos, plateforme de négociation…) ;
  • que la Belgique figure parmi les pays où elle peut exercer.

Plus simple : notre outil Vérifier une plateforme crypto cherche pour vous dans ce registre, par marque ou par nom de société, et signale les entités que l'ESMA liste comme non conformes.

3. Vérifier les mises en garde de la FSMA

La FSMA publie des listes de sociétés qui proposent des services financiers en Belgique sans autorisation. Le 6 juillet 2026, première mise en garde depuis la fin de la période transitoire, elle y a ajouté six prestataires crypto : Aurum Foundation, Bank Bit, Bithf Pro, Dxago, Global Dynamic Trade et ZeriaFunding (FSMA, 2026b). La liste n'est pas exhaustive : l'absence d'un nom n'est pas une garantie.

4. Comparer l'adresse du site

Les escrocs copient le nom, le logo et parfois le numéro d'agrément de vraies sociétés : ce sont les clones. La FSMA en signale régulièrement (FSMA, 2026c). Vérifiez que l'adresse du site, l'application et le bénéficiaire de vos virements correspondent bien à la société inscrite au registre. Un compte bancaire à l'étranger au nom d'un particulier ou d'une autre société est un signal d'alarme.

5. En cas de doute, demander

L'outil « Vérifiez votre prestataire » de la FSMA et son formulaire de contact permettent de poser la question (FSMA, s.d.-b). C'est gratuit, et plus sûr qu'un avis sur un forum.

Quelques plateformes connues : où en sont-elles ?

Le tableau suivant reprend des plateformes souvent utilisées en Belgique. Les statuts changent : revérifiez toujours dans le registre avant d'agir.

Plateforme Statut MiCA Autorité Source
Bit2Me Agréée (Bitcoinforme S.L.) CNMV (Espagne) Registre ESMA
Bitpanda Agréée (Bitpanda GmbH) FMA (Autriche) Registre ESMA
Bitvavo Agréée (Bitvavo B.V.), juin 2025 AFM (Pays-Bas) Bitvavo (2025)
Bybit Agréée (Bybit EU GmbH) FMA (Autriche) Registre ESMA
Coinbase Agréée, juin 2025 CSSF (Luxembourg) Browne (2025)
eToro Agréée (eToro (Europe) Ltd) CySEC (Chypre) Registre ESMA
Kraken Agréée, juin 2025 Banque centrale d'Irlande Quinn (2025)
Revolut Agréée (Revolut Digital Assets (Europe) Ltd) CySEC (Chypre) Registre ESMA
KBC (via Bolero) Banque ayant notifié son activité ; bitcoin et ether depuis février 2026 BNB (Belgique) Registre ESMA ; Partz (2026)
Binance Pas d'agrément MiCA au 1er octobre 2026 — Acuna (2026) ; Journal du Coin (2026)

Registre ESMA consulté le 19 octobre 2026. Ce tableau n'est ni un classement ni une recommandation.

Le cas Binance

Fin juin 2026, Binance a retiré sa demande d'agrément en Grèce et prévenu ses clients de plusieurs pays de l'Union qu'elle n'accepterait plus de nouvelles inscriptions, tout en assurant que leurs fonds restaient accessibles (Acuna, 2026). Depuis, la plateforme s'appuie sur la sollicitation inverse : MiCA permet à une société hors Union de servir un Européen qui vient la trouver de sa propre initiative, sans aucune publicité ni démarche de sa part. L'ESMA décrit cette exception comme très étroite (ESMA, 2026b). Début octobre 2026, l'ESMA et les régulateurs français, allemand et grec examinaient, selon le Financial Times, si Binance respecte ces conditions ; aucune autorité n'avait encore conclu à une infraction (Journal du Coin, 2026).

Pour un client belge, l'essentiel est ailleurs : un prestataire non agréé ne vous apporte pas les protections de MiCA, notamment celle de vos avoirs (ESMA, 2026b). Binance dit viser un agrément en France ; tant qu'il n'est pas inscrit au registre, il n'existe pas.

Ce que l'agrément protège, et ce qu'il ne protège pas

Avec une plateforme agréée MiCA Ce que MiCA ne garantit pas
Une autorité identifiée la surveille et peut la sanctionner La valeur de vos cryptos : un bitcoin peut perdre la moitié de sa valeur
Vos cryptos doivent être séparées des siennes et vous être restituées en cas de faillite Une garantie des dépôts : il n'existe aucun fonds d'indemnisation pour les cryptos (FSMA, 2026b)
Des fonds propres minimaux, une gouvernance, des règles contre les conflits d'intérêts Les sociétés sœurs du même groupe, ni les entités hors Union de la même marque (ESMA, 2026a)
Une procédure de réclamation obligatoire, gratuite Les produits hors MiCA : prêt de cryptos, certains produits de rendement, dérivés
Une information claire sur les frais et les risques Vos propres erreurs : mauvaise adresse, phrase de récupération perdue ou donnée à un escroc

En clair, l'agrément change votre situation surtout quand la plateforme fait défaut : faillite, fraude interne, mélange des fonds comme chez FTX en 2022. Il ne change rien quand c'est le marché qui chute. Le prêt et le « rendement » sont un cas à part, que nous détaillons dans notre article sur le prêt de cryptos.

Votre plateforme n'est pas autorisée : que faire ?

L'ESMA conseille d'agir rapidement : rester chez un prestataire non agréé, c'est moins de protection et un risque plus grand de perdre l'accès à ses avoirs (ESMA, 2026a). Trois possibilités :

  1. Transférer vos cryptos vers une plateforme agréée. Celle-ci vous fera passer ses propres contrôles d'identité. Faites d'abord un petit transfert d'essai, et vérifiez le réseau utilisé.
  2. Les transférer vers votre propre portefeuille, de préférence un portefeuille matériel : vous ne dépendez plus d'aucune plateforme, mais vous êtes seul responsable de votre phrase de récupération. Nos conseils de sécurité sont dans cet article sur les fuites de données.
  3. Vendre et rapatrier vos euros sur votre compte bancaire.

Deux précautions. Gardez une trace de vos achats et de vos transferts (relevés, captures d'écran) : un transfert entre vos propres portefeuilles n'est pas une vente, mais une vente l'est, et la fiscalité belge des cryptos a changé en 2026. Et si vous détenez des USDT, sachez qu'une plateforme agréée ne vous permettra plus d'en acheter : voyez notre article sur les stablecoins et MiCA.

Pour ma part, j'utilise Bit2Me, agréée en Espagne et inscrite au registre de l'ESMA. C'est un lien d'affiliation : il ne vous coûte rien de plus, et la vérification décrite plus haut vaut aussi pour elle.

bit2me1 La plateforme que j'utilise pour acheter mes cryptos, conforme à la réglementation MiCA. S'inscrire sur Bit2Me Lien affilié

Arnaques : faux agréments, clones et « récupérateurs »

La fin de la période transitoire est une aubaine pour les escrocs. Trois pièges reviennent :

  • Le faux agrément. Un site affiche « agréé MiCA » ou « régulé en Europe » sans figurer dans le registre. La mention publicitaire ne prouve rien : seul le registre compte.
  • Le clone. Un site reprend le nom d'une vraie société agréée. La FSMA en a encore signalé trois dans sa liste du 24 septembre 2026, qui comptait 51 nouvelles plateformes frauduleuses (FSMA, 2026c).
  • Le récupérateur. Après une arnaque, quelqu'un vous contacte pour « récupérer » vos fonds moyennant des frais. C'est presque toujours une seconde arnaque (FSMA, 2026c).

Si vous êtes victime : arrêtez tout paiement et tout contact, prévenez votre banque, signalez les faits à la FSMA et à la police, et gardez toutes les preuves (FSMA, 2026b). Un message suspect peut être transféré à suspect@safeonweb.be.

Vrai ou faux ?

« Ma plateforme n'est pas belge, donc elle n'est pas autorisée en Belgique. » Faux. Grâce au passeport européen, une plateforme agréée au Luxembourg ou en Espagne peut servir les Belges. C'est même le cas de presque toutes.

« Une plateforme agréée garantit mon argent comme une banque. » Faux. Il n'y a pas de garantie des dépôts pour les cryptos. L'agrément protège surtout contre une plateforme mal gérée ou malhonnête.

« Si ma plateforme n'est pas agréée, mes cryptos sont bloquées. » Pas forcément. L'ESMA demande aux prestataires non agréés de laisser leurs clients vendre ou retirer leurs avoirs. Mais rien ne garantit que cela durera : mieux vaut ne pas attendre.

« Détenir des cryptos sur une plateforme non agréée est illégal. » Faux. MiCA vise les prestataires, pas les clients. Mais vous y perdez les protections de MiCA.

Testez-vous

Depuis quelle date une plateforme crypto doit-elle avoir un agrément MiCA pour servir des clients européens ?

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Réponse : 1er juillet 2026

La période transitoire prévue par MiCA pour les prestataires déjà actifs s'est terminée le 30 juin 2026.

Où vérifier qu'une plateforme crypto est agréée sous MiCA ?

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Réponse : Dans le registre MiCA de l'ESMA, en cherchant le nom légal de la société

Le registre de l'ESMA recense les prestataires agréés par les autorités nationales ; une mention publicitaire ne prouve rien.

Une plateforme crypto agréée sous MiCA garantit-elle vos cryptos comme la garantie des dépôts bancaires ?

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Réponse : Non, il n'existe pas de fonds d'indemnisation pour les cryptos

MiCA impose de séparer les cryptos des clients de celles de la plateforme, mais aucune garantie ne couvre une perte de valeur ou une faillite.

Avertissement

Cet article est informatif et ne constitue ni un conseil en investissement ni un conseil juridique. Le statut des plateformes évolue : vérifiez-le vous-même dans le registre de l'ESMA et auprès de la FSMA avant toute opération. Les crypto-actifs comportent des risques importants, y compris de perte totale.

Sources

Acuna, O. (2026, 26 juin). Binance tells EU users it will no longer provide services after failing to secure MiCA license. CoinDesk. https://www.coindesk.com/policy/2026/06/26/binance-tells-eu-users-it-will-no-longer-provide-services-after-failing-to-secure-mica-license

Bitvavo. (2025, 27 juin). Bitvavo obtains MiCA licence from the Dutch Authority for the Financial Markets (AFM). https://bitvavo.com/de/blog/bitvavo-obtains-mica-licence

Browne, R. (2025, 20 juin). Coinbase secures EU crypto license, swaps Ireland for Luxembourg as main hub. CNBC. https://www.nbcnewyork.com/news/business/money-report/coinbase-secures-eu-crypto-license-swaps-ireland-for-luxembourg-as-main-hub/6309852/

ESMA. (s.d.). Markets in Crypto-Assets Regulation (MiCA) [registre MiCA intermédiaire]. Autorité européenne des marchés financiers. https://www.esma.europa.eu/esmas-activities/digital-finance-and-innovation/markets-crypto-assets-regulation-mica

ESMA. (2026a, 17 avril). Statement on the end of transitional periods under MiCA. Autorité européenne des marchés financiers. https://www.esma.europa.eu/sites/default/files/2026-04/ESMA75-113276571-1679_Statement_on_the_end_of_transitional_periods_under_MiCA.pdf

ESMA. (2026b, 23 juin). Public statement: MiCA transitional period ends. Autorité européenne des marchés financiers. https://www.esma.europa.eu/sites/default/files/2026-06/ESMA75-113276571-1710_Public_Statement_MiCA_transitional_period_ends.pdf

FSMA. (s.d.-a). Crypto-asset service provider (CASP). https://www.fsma.be/en/crypto-asset-service-provider-casp

FSMA. (s.d.-b). Vérifiez votre prestataire. https://www.fsma.be/en/check-your-provider/search

FSMA. (2026a, 25 juin). Prestataires de services sur crypto-actifs : fin de la période transitoire. https://www.fsma.be/en/news/crypto-assets-service-providers-end-transitional-period

FSMA. (2026b, 6 juillet). Attention aux prestataires de services sur crypto-actifs non agréés. https://www.fsma.be/en/warnings/beware-unauthorized-crypto-asset-service-providers

FSMA. (2026c, 24 septembre). 51 nouvelles plateformes frauduleuses ajoutées à la liste de la FSMA. https://www.fsma.be/en/warnings/51-new-fraudulent-platforms-added-fsmas-list

Journal du Coin. (2026, 1er octobre). Binance : l'ESMA et 3 régulateurs examinent son exemption MiCA. https://journalducoin.com/exchanges/binance-regulateurs-europeens-exemption-mica/

Partz, H. (2026). Belgium's KBC Bank to launch Bitcoin, Ether trading in February. Cointelegraph. https://cointelegraph.com/news/kbc-bank-belgium-bitcoin-ether-trading-february

Quinn, C. (2025, 26 juin). Kraken becomes latest to win a license under Europe's new rules. Decrypt. https://decrypt.co/327112/kraken-license-europes-new-rules

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