Bitcoin Core : fonctionnement, version 32.0, avenir et controverses

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Introduction

Bitcoin Core est le logiciel le plus utilisé pour faire fonctionner un nœud complet Bitcoin. Il permet de télécharger, vérifier et relayer les blocs et les transactions du réseau, tout en appliquant localement les règles que l’utilisateur considère comme valides.

Contrairement à une idée répandue, Bitcoin Core n’est pas une entreprise, une banque centrale ni une autorité officielle contrôlant Bitcoin. Il s’agit d’un projet open source développé par une communauté internationale de contributeurs. Les utilisateurs peuvent choisir de l’exécuter, de modifier son code ou d’utiliser une autre implémentation.

La version 32.0 attire particulièrement l’attention. Toutefois, à la date du 18 septembre 2026, elle n’est pas encore une version stable définitive : le projet se trouve dans son cycle de préparation et de test (avec la publication de la version candidate v32.0rc1 le 14 septembre 2026), avec une sortie finale prévue autour du 10 octobre 2026, sous réserve d’éventuels changements ((1)).

Il faut donc distinguer :

  • les fonctionnalités déjà officiellement annoncées ;
  • les modifications effectivement intégrées au code ;
  • les éléments encore en cours de test ;
  • les débats politiques et philosophiques qui entourent Bitcoin Core.

À retenir : vocabulaire technique

  • Nœud complet : ordinateur qui télécharge et vérifie la blockchain Bitcoin sans faire confiance à un serveur tiers.
  • Consensus : règles communes permettant aux nœuds de déterminer quels blocs et transactions sont valides.
  • Politique de relais : règles locales qui déterminent quelles transactions un nœud accepte dans son mempool et relaie à ses pairs.
  • Mempool : espace temporaire où sont conservées les transactions non encore confirmées.
  • Soft fork : modification rétrocompatible des règles de consensus, rendant les règles plus strictes sans scinder le réseau si la majorité des mineurs l'applique.
  • OP_RETURN : mécanisme permettant d’inscrire une petite quantité de données dans une transaction Bitcoin.

Qu’est-ce que Bitcoin Core ?

Bitcoin Core est à la fois :

  1. une implémentation du protocole Bitcoin ;
  2. un logiciel de nœud complet ;
  3. un portefeuille pouvant être utilisé avec certaines fonctionnalités ;
  4. un ensemble d’outils pour interagir avec le réseau.

Le projet est distribué sous licence MIT, une licence open source permissive. Son code est public et peut être examiné, compilé ou modifié ((2)).

Un logiciel qui vérifie les règles

Lorsqu’un nœud Bitcoin Core reçoit un bloc, il ne l’accepte pas simplement parce qu’un mineur ou une plateforme l’a transmis. Il vérifie notamment :

  • que les transactions respectent les règles de Bitcoin ;
  • que les signatures cryptographiques sont valides ;
  • que les bitcoins dépensés existent ;
  • qu’ils n’ont pas déjà été dépensés ;
  • que la récompense du mineur est correcte ;
  • que le bloc respecte la limite de taille et les autres contraintes du protocole ;
  • que la chaîne proposée possède le niveau de preuve de travail approprié.

Chaque nœud effectue ces vérifications indépendamment. Cette architecture réduit la nécessité de faire confiance à une entreprise, à un explorateur de blockchain ou à un fournisseur d’accès particulier.

Bitcoin Core n’est pas Bitcoin dans son ensemble

Bitcoin Core est l’implémentation dominante, mais il ne représente pas à lui seul la totalité du réseau. D’autres logiciels peuvent appliquer les règles Bitcoin, notamment Bitcoin Knots ou certaines implémentations spécialisées comme btcd.

Cette nuance est essentielle : les développeurs de Bitcoin Core peuvent proposer et publier du code, mais ils ne peuvent pas obliger les utilisateurs à l’installer. Le projet n’intègre d’ailleurs pas de mécanisme de mise à jour automatique imposée. Les utilisateurs choisissent eux-mêmes la version qu’ils exécutent ((3)).

Bitcoin Core comme outil de décentralisation

Un utilisateur qui fait fonctionner son propre nœud peut vérifier directement les paiements qu’il reçoit. Il n’est pas obligé de demander à une entreprise de lui confirmer qu’une transaction ou qu’un bloc est valide.

L’exécution d’un nœud permet donc notamment :

  • de vérifier personnellement les règles du protocole ;
  • de limiter la dépendance envers les serveurs publics ;
  • de contribuer à la robustesse du réseau ;
  • de relayer des blocs et des transactions ;
  • d’utiliser certaines fonctions avancées, notamment via l’interface RPC (Remote Procedure Call, permettant à des applications externes de communiquer avec le nœud).

Il faut cependant éviter une simplification : faire fonctionner un nœud ne rend pas Bitcoin totalement anonyme et ne garantit pas que l’utilisateur contrôle ses clés privées. Un nœud et un portefeuille sont deux fonctions différentes, même si Bitcoin Core peut fournir les deux.

Que faut-il pour faire fonctionner Bitcoin Core ?

Bitcoin Core peut fonctionner sur un ordinateur personnel, un serveur ou un petit ordinateur adapté (comme un Raspberry Pi ou un mini-PC dédié). Le principal obstacle est le stockage nécessaire pour conserver la blockchain complète.

Selon la page officielle de téléchargement consultée en septembre 2026, une synchronisation complète demande environ 600 Go de données, auxquels s’ajoutent plusieurs gigaoctets par mois. Le mode d’élagage, ou pruning, permet toutefois de conserver seulement une partie de l’historique local, avec un espace total pouvant être réduit à environ 5 à 10 Go ((4)).

Le fonctionnement d’un nœud complet nécessite également :

  • une connexion Internet stable ;
  • un espace de stockage suffisant (de préférence un SSD NVMe pour réduire le temps de synchronisation initiale) ;
  • de la mémoire vive (au minimum 4 Go recommandés pour Bitcoin Core) ;
  • du temps pour la synchronisation initiale ;
  • une certaine vigilance lors des mises à jour.

Le logiciel n’est pas conçu comme une application mobile simple destinée à acheter rapidement du bitcoin. Il s’adresse plutôt aux utilisateurs souhaitant vérifier eux-mêmes le réseau, gérer un nœud ou utiliser des outils techniques.

Que signifie la version 32.0 ?

Les numéros de version de Bitcoin Core suivent généralement une logique de versions majeures et de versions de maintenance. Les versions comme 31.0, 32.0 ou 33.0 introduisent habituellement des améliorations plus importantes, tandis que les versions 31.1 ou 31.2 corrigent principalement des problèmes et des vulnérabilités.

Le calendrier officiel de Bitcoin Core vise une version majeure tous les six à sept mois environ. Au 18 septembre 2026, la branche 31.x est la branche stable récente et la version 32.0 est encore en préparation. Le projet prévoit actuellement de créer la version finale autour du 10 octobre 2026 ((1)).

Cette situation a une conséquence importante : il n’est pas encore possible de dresser une liste définitive de tous les apports de Bitcoin Core 32.0. Certaines modifications peuvent encore être corrigées, retirées ou reportées avant la publication finale.

Une version encore en cours de test

Le cycle de développement de Bitcoin Core prévoit généralement :

  1. une période de développement ;
  2. un gel des nouvelles fonctionnalités (feature freeze) ;
  3. la création d’une branche de publication ;
  4. plusieurs versions candidates, appelées release candidates ;
  5. des tests par les développeurs, les opérateurs de nœuds et les entreprises ;
  6. la publication de la version stable.

La présence d’une version candidate ne signifie pas que la version finale est prête pour tous les utilisateurs. Les opérateurs critiques doivent normalement attendre la publication stable et vérifier l’authenticité des fichiers téléchargés.

Quels apports peut-on attendre de Bitcoin Core 32.0 ?

Des améliorations de performance

Comme les versions précédentes, Bitcoin Core 32.0 devrait poursuivre le travail sur :

  • la vitesse de synchronisation ;
  • l’utilisation de la mémoire ;
  • la gestion de la base de données ;
  • la propagation des blocs ;
  • le fonctionnement du mempool ;
  • la stabilité du réseau pair-à-pair.

Dans la version 32.0, l'une des optimisations notables concerne le préchargement parallèle (prefetching) des sorties de transactions précédentes sur plusieurs threads d'exécution lors de la validation des blocs, réduisant ainsi les temps d'attente liés aux accès disque.

Il ne s’agit pas nécessairement d’une transformation visible pour un utilisateur ordinaire. Une grande partie du travail porte sur l’efficacité interne, les cas limites et les performances dans des environnements disposant de ressources limitées.

Les versions récentes ont notamment modifié certains réglages par défaut liés à la mémoire et au cache. Par exemple, Bitcoin Core 31.0 a augmenté la valeur par défaut de dbcache à 1 024 Mio (contre 450 Mio auparavant) sur les systèmes détectant au moins 4 Go de mémoire vive, ce qui accélère les opérations de validation mais accroît l’empreinte mémoire ((5)).

Des évolutions du portefeuille et des descripteurs

Le portefeuille de Bitcoin Core évolue depuis plusieurs années vers l’utilisation de descripteurs. Un descripteur décrit de manière structurée la façon dont les adresses et les scripts sont générés.

Cette architecture facilite notamment :

  • la sauvegarde des informations nécessaires à la récupération d’un portefeuille ;
  • la gestion de portefeuilles multisignatures ;
  • l’utilisation de différents types d’adresses ;
  • l’interopérabilité avec d’autres outils ;
  • la vérification des scripts utilisés.

Les travaux préparatoires à la version 32.0 incluent des corrections et des ajustements concernant les portefeuilles à descripteurs , l'adoption par défaut du format PSBT v2 (Partially Signed Bitcoin Transactions) pour certaines commandes RPC, et le langage Miniscript. Comme ces éléments sont encore susceptibles d’évoluer, les utilisateurs doivent consulter les notes de version finales avant une mise à niveau de portefeuille.

Une meilleure gestion des transactions

Bitcoin Core ne se contente pas de vérifier les blocs déjà minés. Il gère également les transactions en attente de confirmation.

Les améliorations peuvent concerner :

  • la sélection des transactions ;
  • la gestion des remplacements par frais (Replace-By-Fee / RBF) ;
  • la propagation de transactions liées entre elles ;
  • l’estimation des frais (en combinant l'historique des blocs et l'état en temps réel du mempool pour proposer des estimations plus précises) ;
  • la prévention des attaques par déni de service ;
  • la capacité à prédire quelles transactions sont susceptibles d’être confirmées.

Cette partie est techniquement importante. Un nœud qui relaie efficacement les transactions peut aider à réduire les retards de propagation et permettre aux utilisateurs de mieux estimer les frais nécessaires.

Des corrections de sécurité et de fiabilité

Les versions majeures de Bitcoin Core regroupent également des corrections de bugs. Certaines vulnérabilités sont publiées après la sortie d’une version, selon une politique de divulgation coordonnée.

Le projet a déjà documenté des problèmes historiques liés, par exemple, à la saturation mémoire par des en-têtes de blocs malveillants (CVE-2019-25220) ou à des comportements indésirables dans la gestion des transactions ((6)).

La mise à jour vers une version récente ne supprime pas tous les risques, mais elle permet généralement de bénéficier des correctifs disponibles. Les opérateurs doivent toutefois vérifier les signatures et les sommes de contrôle des fichiers avant installation.

Ce que Bitcoin Core 32.0 ne change pas forcément

Une nouvelle version de Bitcoin Core ne modifie pas automatiquement les règles fondamentales du réseau Bitcoin.

Il faut distinguer trois catégories de règles :

Les règles de consensus

Les règles de consensus déterminent si un bloc est valide. Elles concernent notamment :

  • la création monétaire ;
  • la validité des signatures ;
  • la prévention de la double dépense ;
  • la structure des transactions ;
  • les conditions d’acceptation d’un bloc.

Une modification de ces règles peut nécessiter un changement coordonné du protocole, parfois sous la forme d’un soft fork.

Les règles de relais

Les règles de relais concernent le comportement par défaut d’un nœud avant qu’une transaction soit minée. Elles déterminent notamment si une transaction est acceptée dans le mempool et transmise aux autres nœuds.

Une modification de politique de relais ne signifie pas nécessairement qu’une transaction devient invalide. Un mineur peut parfois l’inclure dans un bloc même si certains nœuds ne l’ont pas relayée.

Les choix de configuration

L’utilisateur peut souvent modifier les paramètres de son nœud. Il peut, selon les cas :

  • limiter la taille du mempool ;
  • utiliser le mode élagué ;
  • désactiver certaines fonctions de relais ;
  • modifier le nombre de connexions ;
  • utiliser un portefeuille externe ;
  • faire fonctionner un nœud qui ne relaie que les blocs (avec l'option -blocksonly).

Cette possibilité limite le pouvoir réel d’une version unique. Bitcoin Core possède une influence importante, mais il ne peut pas imposer un comportement identique à tous les nœuds.

Quel est le futur de Bitcoin Core ?

Une infrastructure plus modulaire

L’avenir de Bitcoin Core devrait être marqué par une séparation croissante entre plusieurs fonctions :

  • validation des blocs ;
  • relais des transactions ;
  • gestion du portefeuille ;
  • interface graphique ;
  • outils de développement ;
  • infrastructure de test ;
  • intégration avec des solutions de seconde couche.

Cette modularité peut faciliter l’utilisation de Bitcoin Core dans des contextes différents : serveur, portefeuille matériel, plateforme d’échange, nœud personnel ou infrastructure de paiement.

La pression autour de la taille de la blockchain

Plus la blockchain grandit, plus le coût de fonctionnement d’un nœud complet augmente. Cela pose une question fondamentale :

Comment préserver la possibilité pour des particuliers de vérifier eux-mêmes le réseau alors que le volume de données augmente ?

Une blockchain plus lourde peut favoriser les entreprises disposant de serveurs puissants. À l’inverse, des restrictions trop importantes peuvent empêcher des usages légitimes et réduire la demande d’espace de bloc.

Bitcoin Core devra donc continuer à travailler sur :

  • la réduction de la consommation de ressources ;
  • la synchronisation initiale ;
  • l’élagage ;
  • la propagation efficace des blocs ;
  • la compatibilité avec du matériel abordable.

Le rôle des solutions de seconde couche

Le réseau principal de Bitcoin ne peut pas traiter toutes les transactions mondiales rapidement et à faible coût. Une partie du futur repose donc probablement sur des solutions complémentaires, notamment Lightning Network et d’autres protocoles construits au-dessus de Bitcoin.

Bitcoin Core n’a pas vocation à devenir une plateforme généraliste comparable à Ethereum. Son rôle principal reste la validation et la sécurisation de la couche de base. Des fonctions plus complexes peuvent être développées à l’extérieur de cette couche, afin de ne pas alourdir excessivement le protocole principal.

Une gouvernance sans chef officiel

Le développement futur dépendra de plusieurs groupes :

  • les développeurs ;
  • les opérateurs de nœuds ;
  • les mineurs ;
  • les entreprises ;
  • les utilisateurs individuels ;
  • les développeurs d’autres implémentations.

Les propositions sont discutées publiquement, révisées, testées et parfois rejetées. Cette méthode est lente, mais elle réduit le risque qu’une seule organisation impose rapidement une modification controversée.

Elle ne supprime toutefois pas les rapports de force. Les personnes capables de maintenir le code, de relire les propositions ou de gérer les infrastructures disposent d’une influence plus importante que les utilisateurs qui ne font qu’installer le logiciel.

Les principales polémiques autour de Bitcoin Core

La controverse des inscriptions et des Ordinals

Depuis 2023, Bitcoin est utilisé pour inscrire des données dans les transactions, notamment grâce aux Ordinals et aux inscriptions. Ces données peuvent représenter des images, des jetons ou d’autres contenus.

Les partisans considèrent que ces usages :

  • paient des frais aux mineurs ;
  • utilisent des règles existantes ;
  • illustrent la flexibilité de Bitcoin ;
  • peuvent créer de nouveaux cas d’utilisation ;
  • ne devraient pas être censurés par les développeurs.

Les opposants estiment qu’ils :

  • encombrent inutilement la blockchain ;
  • augmentent les frais ;
  • détournent Bitcoin de sa fonction monétaire ;
  • rendent l’exploitation d’un nœud plus coûteuse ;
  • peuvent favoriser le stockage de contenus indésirables.

Le débat ne porte donc pas uniquement sur la technique. Il concerne la définition même de Bitcoin : doit-il être principalement un système monétaire, ou une couche de données ouverte permettant différents usages ?

Le débat sur OP_RETURN

OP_RETURN est une fonction destinée à transporter une petite quantité de données dans une transaction. Pendant longtemps, Bitcoin Core a appliqué une limite par défaut aux données relayées via ce mécanisme.

En 2025, les développeurs ont engagé un débat important sur la pertinence de cette limite. Les partisans de sa suppression avancent que les mineurs incluent déjà des transactions contenant des données et qu’un relais plus fidèle à ce que les mineurs acceptent améliorerait la prévisibilité du réseau. Les opposants redoutent une augmentation du spam et de la taille de la blockchain ((7)).

Le point essentiel est le suivant : il s’agit principalement d’une politique de relais, et non d’une modification directe des règles de consensus. Un nœud peut refuser de relayer une transaction, mais cela ne garantit pas qu’elle ne sera jamais minée.

La question de la centralisation des développeurs

Bitcoin Core est souvent l’implémentation dominante. Cette situation suscite une inquiétude : si la majorité des nœuds utilise le même logiciel, les développeurs qui le maintiennent pourraient-ils acquérir trop d’influence ?

Les défenseurs du projet répondent que :

  • le code est public ;
  • les utilisateurs peuvent choisir d’autres implémentations ;
  • les versions ne sont pas installées automatiquement ;
  • les changements doivent être examinés et adoptés volontairement ;
  • les règles de consensus ne peuvent pas être modifiées par une simple décision interne.

Les critiques soulignent cependant que, dans la pratique, peu d’utilisateurs lisent le code ou testent plusieurs implémentations. Une domination technique peut donc devenir une forme de pouvoir informel, même sans autorité juridique.

Les désaccords entre Bitcoin Core et Bitcoin Knots

Bitcoin Knots est une autre implémentation de Bitcoin, associée notamment à une politique de relais plus restrictive concernant certains types de données.

Les différences entre Bitcoin Core et Bitcoin Knots illustrent une réalité importante : le réseau Bitcoin n’est pas obligé de fonctionner avec un seul logiciel. Les utilisateurs peuvent adopter des politiques différentes, même si une forte divergence peut rendre les comportements du réseau moins prévisibles.

Ces désaccords sont parfois présentés comme une bataille entre deux visions :

  • une vision privilégiant Bitcoin comme monnaie résistante à la censure ;
  • une vision privilégiant une utilisation monétaire stricte et une protection maximale de l’espace de bloc.

Le risque de bugs et de vulnérabilités

Aucun logiciel complexe n’est exempt de bugs. Bitcoin Core gère :

  • des clés privées ;
  • des signatures ;
  • des bases de données ;
  • des connexions réseau ;
  • des portefeuilles ;
  • des transactions potentiellement malveillantes ;
  • des règles de consensus.

Une erreur critique pourrait avoir des conséquences importantes. C’est pourquoi le projet utilise des tests automatisés, des examens de code et des procédures de divulgation de vulnérabilités.

La prudence reste nécessaire : il est déconseillé d’utiliser une version expérimentale avec un portefeuille contenant des fonds importants sans sauvegarde vérifiée.

Faut-il installer Bitcoin Core 32.0 ?

Pour la plupart des utilisateurs, la réponse dépend de leur objectif.

Il peut être pertinent de l’utiliser si :

  • vous souhaitez faire fonctionner un nœud complet ;
  • vous voulez vérifier vous-même les transactions ;
  • vous avez besoin d’un accès RPC ;
  • vous développez un outil Bitcoin ;
  • vous participez aux tests ;
  • vous êtes capable de gérer la maintenance et les sauvegardes.

Il vaut mieux attendre si :

  • vous ne savez pas restaurer un portefeuille ;
  • vous utilisez un ordinateur peu puissant ;
  • vous gérez des fonds importants ;
  • vous avez besoin d’un environnement stable ;
  • vous n’avez pas encore étudié les changements de la version ;
  • vous envisagez d’installer une version candidate sans comprendre ses limites.

La règle générale consiste à télécharger Bitcoin Core depuis le site officiel, vérifier les signatures cryptographiques et lire les notes de version. La page officielle indique que la vérification des fichiers est fortement recommandée afin d’éviter l’installation d’un programme modifié ou compromis ((4)).

Conclusion

Bitcoin Core est l’un des piliers techniques de l’écosystème Bitcoin. Il permet à chacun, en théorie, de vérifier les règles du réseau sans dépendre entièrement d’un tiers. Son importance vient moins de son interface que de son rôle dans la validation, le relais et la préservation de la décentralisation.

La version 32.0 doit être considérée avec prudence au 18 septembre 2026 : elle est encore en phase de préparation et de test, avec une sortie stable visée autour du 10 octobre 2026. Ses apports devraient concerner principalement la performance, la fiabilité, la gestion des transactions, les portefeuilles et la maintenance du code, mais la liste définitive ne sera connue qu’au moment de la publication officielle.

Son avenir dépendra de plusieurs équilibres difficiles :

  • préserver la vérifiabilité par des utilisateurs ordinaires ;
  • accepter ou limiter les usages non monétaires ;
  • améliorer la confidentialité sans compromettre la sécurité ;
  • réduire la dépendance aux grandes infrastructures ;
  • maintenir un processus de développement ouvert ;
  • éviter qu’une seule équipe ou implémentation ne contrôle le réseau.

Les polémiques sur les Ordinals, OP_RETURN et les politiques de relais ne sont donc pas de simples querelles techniques. Elles posent une question plus large : qui décide de ce que Bitcoin doit être, et comment cette décision peut-elle rester décentralisée ?

Sources

((1)) Bitcoin Core, « Release Schedule for 32.0 », 2026, GitHub.

((2)) Bitcoin Core, « Bitcoin Core integration/staging tree », consulté le 18 septembre 2026, GitHub.

((3)) Bitcoin Core, « Bitcoin Core development and transaction relay policy », 2025, Bitcoin Core.

((4)) Bitcoin Core, « Download », consulté le 18 septembre 2026, Bitcoin Core.

((5)) Bitcoin Core, « v31.0 Release Notes », 2026, GitHub.

((6)) Bitcoin Core, « CVE-2019-25220 - Memory DoS due to headers spam », 2024, Bitcoin Core.

((7)) Jonathan Bier, « Removing Bitcoin’s Guardrails », 2025, Farside Investors.

Sources complémentaires

((a)) Bitcoin Core, « Software Life Cycle », consulté le 18 septembre 2026, Bitcoin Core.

((b)) Bitcoin Core, « Releases », consulté le 18 septembre 2026, Bitcoin Core.

((c)) Bitcoin Core, « Bitcoin Core version history », consulté le 18 septembre 2026, Bitcoin.org.

((d)) Bradley Keoun, « Bitcoin Developer’s Proposal to Stop ‘Spam’ NFTs Gets Shut Down », 2024, CoinDesk.

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