IOTA : pourquoi cette crypto a-t-elle été créée, pourquoi peine-t-elle à percer et quel avenir face à l’IA ?

This article is not yet translated into English. You are viewing the French version.

Article mis à jour le 20 septembre 2026. Il s’agit d’une analyse générale et non d’un conseil en investissement.

IOTA est l’une des cryptomonnaies les plus atypiques du marché. Créée pour l’Internet des objets, elle ne reposait pas à l’origine sur une blockchain classique, mais sur une structure appelée Tangle. Son ambition était considérable : permettre à des machines, des véhicules, des capteurs et des entreprises d’échanger des données et de petites sommes automatiquement, rapidement et à très faible coût.

Pourtant, malgré une histoire ancienne, une forte visibilité médiatique et plusieurs partenariats annoncés, IOTA n’a jamais atteint l’adoption espérée. Le projet a aussi connu des critiques techniques, des retards et une importante réorientation avec le lancement du réseau IOTA Rebased, dont la migration du réseau principal a commencé le 5 mai 2025 ((1)). Il ne s’agit donc pas seulement d’une nouvelle version logicielle : Rebased constitue une refonte majeure de l’architecture du protocole.

La question est donc double : IOTA possède-t-elle encore un avantage technologique ? Et surtout, l’essor de l’intelligence artificielle et des agents autonomes peut-il enfin lui fournir un cas d’usage réellement convaincant ?

Qu’est-ce qu’IOTA ?

IOTA est un protocole de registre distribué, c’est-à-dire une technologie permettant d’enregistrer et de vérifier des informations entre plusieurs participants sans dépendre d’une base de données centralisée traditionnelle.

Le projet a été fondé en 2015 par David Sønstebø, Sergey Ivancheglo, Dominik Schiener et Serguei Popov ((6)). Son nom fait référence à l’Internet of Things, ou Internet des objets : l’ensemble des objets connectés capables de collecter, transmettre et parfois traiter des données.

Le jeton natif du réseau s’appelle IOTA. Dans les anciennes plateformes d’échange, on trouvait aussi fréquemment le symbole MIOTA, qui correspond à une unité représentant un million d’IOTA.

L’idée initiale était de répondre à plusieurs problèmes des blockchains de première génération :

  • les frais parfois trop élevés pour de petites transactions ;
  • la lenteur ou la congestion des réseaux ;
  • la consommation énergétique du minage ;
  • la difficulté à faire communiquer des millions de petits appareils ;
  • l’absence de mécanisme simple pour vendre automatiquement des données.

Le projet visait donc moins, à l’origine, à devenir une monnaie de paiement pour particuliers qu’à créer une infrastructure pour une économie machine-à-machine.

À retenir : vocabulaire technique

  • Registre distribué : base de données copiée et synchronisée entre plusieurs ordinateurs.
  • Tangle : structure de données en graphe orienté acyclique utilisée par les premières versions d’IOTA.
  • DAG : graphe orienté acyclique, une structure sans boucle permettant de relier des événements ou transactions.
  • IoT : Internet of Things, ou Internet des objets.
  • DPoS : preuve d’enjeu déléguée ; les détenteurs de jetons délèguent leur pouvoir de validation à des validateurs.
  • Smart contract : programme exécuté automatiquement sur un réseau décentralisé.
  • Finalité : moment à partir duquel une transaction est considérée comme définitivement validée.
amazon260920 Un livre très apprécié par la communauté technique (architectes cloud, ingénieurs DevOps et développeurs IoT) pour son approche extrêmement concrète et orientée vers la production écrit par jugurtha belkalem Voir sur Amazon Lien affilié

Pourquoi IOTA a-t-elle été créée ?

Une monnaie pour les machines

Une voiture connectée pourrait, en théorie, payer automatiquement une recharge électrique. Un capteur agricole pourrait vendre ses données météorologiques. Un camion pourrait transmettre des informations logistiques et recevoir une rémunération. Un robot industriel pourrait acheter un service informatique ou accéder à une ressource.

Ces transactions seraient souvent de faible valeur mais très nombreuses. Une commission fixe de plusieurs euros, ou même de quelques centimes, pourrait les rendre économiquement inutilisables.

IOTA voulait donc proposer un réseau où les paiements et échanges de données seraient suffisamment peu coûteux pour être intégrés directement dans les objets connectés.

Le projet du Tangle

Dans sa conception originale, IOTA ne regroupait pas les transactions en blocs validés par des mineurs. Chaque nouvelle transaction devait contribuer à la validation de transactions précédentes. Cette organisation formait un graphe plutôt qu’une chaîne linéaire.

L’objectif était séduisant :

  1. plus il y aurait de transactions, plus le réseau pourrait théoriquement traiter d’opérations ;
  2. les utilisateurs ne dépendraient pas de mineurs rémunérés par des frais ;
  3. les microtransactions et les messages de données pourraient être économiquement viables ;
  4. la consommation énergétique serait inférieure à celle d’un réseau utilisant la preuve de travail.

Cette dernière affirmation doit toutefois être nuancée : une consommation énergétique inférieure à celle d’un réseau en preuve de travail était un objectif de conception, mais elle ne suffit pas à démontrer la performance énergétique globale d’IOTA en conditions réelles.

IOTA a aussi développé des outils destinés au partage de données, notamment IOTA Streams, afin de permettre à des producteurs de données de contrôler l’accès à leurs informations ((7)).

Pourquoi IOTA n’a-t-elle pas percé ?

Il n’existe pas une seule raison. Les difficultés d’IOTA sont plutôt le résultat de plusieurs facteurs qui se sont renforcés au fil du temps.

1. Une centralisation historiquement difficile à justifier

La principale critique historique concernait le Coordinator, un composant contrôlé par la Fondation IOTA.

Ce coordinateur émettait périodiquement des « milestones » permettant de confirmer les transactions. Il contribuait à protéger le réseau contre certaines attaques, mais il signifiait aussi que la validation ne reposait pas entièrement sur un consensus décentralisé. Des travaux universitaires ont décrit cette architecture comme un point central de confiance et un point potentiel de défaillance ((2)).

Cette description doit être replacée dans le temps : le Coordinator a été remplacé par un comité de validateurs lors de la mise à niveau Stardust en 2023, puis le réseau Rebased a adopté un consensus fondé sur des validateurs et la preuve d’enjeu déléguée en mai 2025.

Cette situation posait un problème d’image et de crédibilité :

  • IOTA se présentait comme une technologie décentralisée ;
  • mais une entité liée à la Fondation jouait un rôle déterminant dans la finalité ;
  • une panne ou une intervention du coordinateur pouvait affecter le fonctionnement du réseau ;
  • les investisseurs et développeurs pouvaient hésiter à construire sur une infrastructure jugée incomplètement décentralisée.

La Fondation a longtemps présenté le Coordinator comme une solution temporaire, dans l’attente du « Coordicide », c’est-à-dire sa suppression.

Le Coordinator n’est plus le mécanisme de validation du réseau principal actuel. Il demeure un élément important de l’histoire technique d’IOTA, mais toute analyse publiée en septembre 2026 doit distinguer clairement la période pré-Stardust, la période Stardust et le réseau Rebased.

2. Une architecture ambitieuse, mais difficile à stabiliser

Le Tangle promettait une alternative aux blockchains classiques. Toutefois, les protocoles distribués sont extrêmement difficiles à concevoir lorsqu’ils doivent être simultanément :

  • rapides ;
  • sûrs ;
  • décentralisés ;
  • résistants au spam ;
  • économiquement viables ;
  • compatibles avec des milliers de développeurs.

IOTA a connu plusieurs phases de développement : réseau initial, Chrysalis, IOTA 2.0, smart contracts, IOTA EVM, puis Rebased. Cette évolution témoigne d’un effort de recherche important, mais elle peut aussi donner une impression d’instabilité stratégique.

Pour un développeur, choisir une blockchain implique souvent d’investir pendant plusieurs années. Les changements d’architecture et les reports peuvent donc être dissuasifs.

Le réseau Rebased conserve une structure de registre fondée sur un DAG, mais il abandonne une partie importante de l’architecture et des objectifs opérationnels associés aux premières versions du Tangle.

Contrairement à une blockchain qui ressemble à une chaîne unique où les blocs s'empilent et s'alignent les uns après les autres de manière linéaire, un DAG ressemble à un arbre avec des branches qui se ramifient.

3. Des annonces industrielles qui n’ont pas toujours produit une demande durable

IOTA a été associée à des entreprises connues dans l’automobile, l’énergie, les télécommunications et la gestion des données. Le projet a notamment lancé un marché expérimental de données en 2017 avec plusieurs grandes entreprises ((3)).

Cependant, un partenariat, une preuve de concept ou une expérimentation ne signifie pas nécessairement :

  • que le produit est déployé à grande échelle ;
  • que l’entreprise achète durablement des jetons IOTA ;
  • que les transactions sont réalisées sur le réseau public ;
  • que l’usage génère une forte demande économique.

C’est l’une des difficultés de nombreux projets blockchain orientés vers les entreprises : la communication peut être impressionnante, tandis que l’utilisation publique et mesurable reste limitée.

4. Une concurrence devenue beaucoup plus forte

Lorsque IOTA a été créée, les infrastructures spécialisées dans l’IoT et les microtransactions étaient moins nombreuses. Depuis, le marché s’est densifié.

Les développeurs peuvent désormais choisir entre :

  • Ethereum et ses solutions de seconde couche ;
  • Solana ;
  • Avalanche ;
  • Sui et Aptos, qui utilisent également le langage Move ;
  • Hedera ;
  • Algorand ;
  • réseaux spécialisés dans l’IoT ;
  • projets orientés données et intelligence artificielle.

Un réseau ne gagne pas uniquement grâce à ses caractéristiques techniques. Il doit aussi posséder des portefeuilles fiables, des outils de développement, des applications, des liquidités, des utilisateurs et des marchés suffisamment actifs.

5. Un écosystème décentralisé encore peu profond

Une blockchain peut être rapide et peu coûteuse sans être réellement utilisée. Le critère déterminant reste l’activité économique : développeurs, applications, utilisateurs, transactions et capitaux déposés dans les protocoles.

IOTA a renforcé ses capacités avec les contrats intelligents et la compatibilité EVM. Mais elle doit encore démontrer qu’elle peut attirer et conserver un écosystème comparable à celui de réseaux concurrents.

Depuis Rebased, les contrats Move sont exécutés au niveau du réseau principal, tandis que l’IOTA EVM est présentée comme une solution de seconde couche. Il est donc plus précis de parler de compatibilité avec l’EVM que de présenter Move et EVM comme deux environnements équivalents sur la même couche.

la compatibilité EVM est une sorte de norme universelle qui permet à différentes blockchains de parler la même langue qu'Ethereum pour s'échanger des applications facilement.

6. Une tokenomics moins simple qu’avant

Avec Rebased, IOTA a adopté un modèle reposant sur le staking, des validateurs et une émission de nouveaux jetons. Le livre blanc technique indique une émission pouvant atteindre 767 000 IOTA par époque, avec une époque présentée comme approximativement quotidienne dans la documentation du protocole ((4)).

Le livre blanc décrit une émission de 767 000 IOTA par époque, ainsi qu’un mécanisme de frais et de stockage destiné à compenser partiellement cette émission. Le taux annualisé proche de 6 % correspond à une estimation initiale et non à un taux garanti dans le temps.

Les frais sont en partie brûlés, mais le réseau n’a pas de plafond strict définitif : l’émission et la destruction de jetons évoluent selon l’activité et les règles du protocole. Le document précise également que des déblocages de jetons sont prévus jusqu’en 2027.

Cela crée plusieurs enjeux :

  • pression potentielle sur le prix si la demande ne progresse pas ;
  • nécessité de comprendre les rendements de staking ;
  • difficulté à comparer IOTA à une cryptomonnaie à offre strictement limitée ;
  • influence des trésoreries et des jetons encore verrouillés.

La tokenomics n’est pas nécessairement mauvaise, mais elle doit être évaluée avec davantage de prudence que le simple argument « frais faibles ».

IOTA Rebased n’est plus un réseau sans frais au sens strict : les transactions comportent des frais de calcul et de stockage, même si ceux-ci sont conçus pour rester faibles et peuvent, dans certains cas, être pris en charge par une application au moyen de transactions sponsorisées.

Ce que change IOTA Rebased

Le lancement de Rebased constitue une rupture importante.

Le nouveau réseau s’éloigne fortement de l’architecture historique et s’appuie sur :

  • le consensus Mysticeti ;
  • une preuve d’enjeu déléguée ;
  • des validateurs ;
  • le langage Move ;
  • des actifs natifs ;
  • des smart contracts Move ;
  • une compatibilité avec l’écosystème EVM.

La compatibilité EVM concerne principalement l’IOTA EVM, présentée par IOTA comme une solution de seconde couche, tandis que Move constitue l’environnement de contrats intelligents intégré au nouveau réseau principal.

Le livre blanc d’IOTA annonce une finalité inférieure à la seconde et un débit théorique supérieur à 50 000 transactions par seconde, tout en décrivant un ensemble initial de validateurs appelé à s’élargir progressivement ((4)). Ces chiffres sont des capacités annoncées par le protocole : ils ne constituent pas, à eux seuls, une preuve d’adoption ou de performance durable en conditions réelles.

Le point positif est clair : IOTA tente de résoudre son problème historique de centralisation et de devenir une plateforme de smart contracts plus conventionnelle.

Rebased ne transforme pas automatiquement IOTA en réseau pleinement décentralisé au sens de l’adoption ou de la gouvernance. Il remplace toutefois les anciens mécanismes centralisés ou permissionnés par un consensus fondé sur un ensemble de validateurs et une délégation de mise en jeu.

Le point plus critique est qu’IOTA perd une partie de son identité originale. Le projet n’est plus seulement « la crypto sans frais pour l’Internet des objets ». Il devient une blockchain programmable, compatible avec Move et une infrastructure EVM de seconde couche, qui doit désormais affronter des concurrents déjà bien établis.

Quelles sont les alternatives à IOTA ?

Il faut distinguer plusieurs types d’alternatives.

Besoin Alternatives possibles Atout principal
Smart contracts généralistes Ethereum, Arbitrum, Optimism, Solana Écosystème et liquidité
Haute vitesse et faible coût Solana, Sui, Aptos Débit et expérience développeur
Données et paiements d’entreprise Hedera, Algorand Positionnement institutionnel
Internet des objets Helium, IoTeX, peaq Spécialisation dans les appareils connectés
IA et agents autonomes Fetch.ai, SingularityNET, Bittensor Orientation vers les agents ou les modèles d’IA
Interopérabilité et actifs réels Polkadot, Cosmos, Avalanche Réseaux et applications spécialisées

Ce tableau présente des catégories indicatives et non un classement. Les projets cités ne répondent pas tous aux mêmes besoins, et leurs caractéristiques, niveaux d’activité et modèles économiques évoluent.

IOTA face à Hedera

Hedera cible également les entreprises, les données et les paiements rapides. Son architecture de hashgraph et son conseil de gouvernance composé d’entreprises lui donnent une image institutionnelle différente.

IOTA peut se différencier par ses actifs natifs, son approche Move et son orientation historique vers l’IoT. Hedera dispose toutefois d’une gouvernance et d’une identité plus faciles à comprendre pour certains acteurs professionnels.

IOTA face à peaq et IoTeX

Peaq et IoTeX cherchent directement à construire une économie des machines et des appareils connectés. Ils peuvent donc apparaître comme des concurrents plus spécialisés et plus modernes sur le segment de l’IoT.

La question centrale n’est pas de savoir quel réseau possède le meilleur slogan, mais lequel obtient réellement :

  • des appareils connectés ;
  • des fabricants ;
  • des données utilisables ;
  • des utilisateurs ;
  • des transactions économiques récurrentes.

IOTA face à Fetch.ai

Fetch.ai est plus directement associé aux agents autonomes et à l’intelligence artificielle. IOTA et Fetch.ai ont annoncé en 2021 une collaboration autour d’agents économiques autonomes et de l’accès automatisé à des données ((5)).

Cette complémentarité est intéressante : Fetch.ai peut fournir la logique d’agents et IOTA une infrastructure de données et de règlement. Mais elle peut aussi limiter la valeur captée par IOTA si l’intelligence, les applications et les utilisateurs se concentrent surtout sur la couche Fetch.ai.

Cette collaboration constitue une annonce et un axe de recherche ou de développement ; elle ne suffit pas à démontrer une utilisation industrielle durable ni une demande significative pour le jeton IOTA.

L’intelligence artificielle est-elle une bonne nouvelle pour IOTA ?

Oui, en théorie

L’IA augmente la demande pour trois ressources :

  1. des données ;
  2. des paiements automatisés ;
  3. des agents capables d’agir sans intervention humaine constante.

Un agent logiciel pourrait rechercher un fournisseur, comparer des offres, acheter des données, réserver un service ou déclencher un paiement. Dans un tel scénario, il lui faudrait :

  • une identité vérifiable ;
  • une source de données fiable ;
  • un moyen de paiement programmable ;
  • des règles d’autorisation ;
  • une infrastructure capable de traiter de nombreuses opérations.

IOTA possède plusieurs éléments correspondant à cette vision :

  • son historique dans l’IoT ;
  • ses outils de partage de données ;
  • ses smart contracts ;
  • ses frais faibles ;
  • sa compatibilité EVM ;
  • son intégration avec Move ;
  • son intérêt pour les agents économiques autonomes.

IOTA dispose de mécanismes de partage de données et de contrats intelligents pouvant correspondre à cette vision. Toutefois, leur existence ne prouve pas qu’ils soient déjà utilisés à grande échelle par des agents d’IA en production.

La Fondation IOTA et Fetch.ai ont décrit un modèle dans lequel des agents peuvent accéder à des données et agir sur celles-ci, notamment dans la mobilité, la chaîne logistique ou l’énergie ((5)).

Mais l’IA ne garantit aucun succès

L’intelligence artificielle est également devenue un argument marketing très utilisé dans la crypto. Le simple fait d’ajouter « AI » à une présentation ne crée pas de demande réelle pour un jeton.

Pour que l’IA soit réellement favorable à IOTA, il faudrait observer :

  • des agents actifs en production ;
  • des paiements réalisés sur le réseau ;
  • des entreprises utilisant durablement l’infrastructure ;
  • des données ayant une valeur commerciale ;
  • des développeurs construisant des applications ;
  • une hausse de l’utilisation qui ne soit pas uniquement spéculative.

Les agents d’IA peuvent aussi utiliser des infrastructures concurrentes. Ils n’ont pas de raison automatique de choisir IOTA : ils sélectionneront probablement le réseau offrant la meilleure combinaison de coût, liquidité, outils, sécurité, disponibilité et intégration.

L’IA est donc une opportunité stratégique, pas une garantie de valorisation.

Quel futur pour IOTA ?

Le futur d’IOTA dépend principalement de son exécution. Trois scénarios peuvent être envisagés.

Scénario favorable

IOTA réussit sa transition Rebased, augmente son nombre de validateurs, attire des développeurs et devient une infrastructure crédible pour :

  • les actifs tokenisés ;
  • les paiements machine-à-machine ;
  • les chaînes logistiques ;
  • l’identité numérique ;
  • les agents autonomes ;
  • les applications industrielles.

Dans ce scénario, l’IA renforce la demande de données et de microtransactions, tandis que IOTA bénéficie de son positionnement historique.

Scénario intermédiaire

IOTA reste un réseau techniquement fonctionnel mais secondaire. Il conserve une communauté et quelques projets industriels, sans devenir une infrastructure dominante.

Le jeton peut alors connaître des phases spéculatives lors des annonces, mais la valeur fondamentale dépendrait d’une activité réelle relativement limitée.

Scénario défavorable

La transition technique fonctionne, mais l’écosystème ne décolle pas. Les développeurs préfèrent des réseaux disposant déjà d’une meilleure liquidité et d’un plus grand nombre d’utilisateurs. Les partenariats restent expérimentaux et l’émission de jetons exerce une pression durable.

Dans ce cas, IOTA pourrait rester un projet connu historiquement, mais marginal dans l’économie des machines et de l’IA.

Les indicateurs à surveiller

Pour juger objectivement l’évolution du projet, il est préférable de ne pas se limiter au prix de l’IOTA. Il faut suivre :

  • le nombre de validateurs réellement indépendants ;
  • la répartition du pouvoir de vote ;
  • le nombre d’adresses et d’utilisateurs actifs ;
  • les transactions organiques, hors opérations automatisées ou incitatives ;
  • la valeur bloquée dans la DeFi ;
  • le nombre de développeurs actifs ;
  • les applications réellement disponibles ;
  • les revenus ou frais générés par le réseau ;
  • les déblocages et l’émission de nouveaux jetons ;
  • les partenariats transformés en produits opérationnels ;
  • l’utilisation effective par des agents d’IA.

Il faut également vérifier si les chiffres annoncés sont mesurés sur le réseau principal ou seulement sur un testnet, une démonstration ou une campagne de financement.

Ces indicateurs doivent être accompagnés d’une date, d’une méthode de calcul et d’une source. Les métriques telles que le nombre d’adresses, les utilisateurs actifs ou les développeurs actifs peuvent varier fortement selon leur définition.

bit2me1 La plateforme que j'utilise pour acheter mes cryptos, conforme à la réglementation MiCA. S'inscrire sur Bit2Me Lien affilié

Conclusion

IOTA a été créée pour résoudre un problème intéressant : permettre à des machines d’échanger des données et de petites sommes avec des frais suffisamment faibles. Son ambition initiale était différente de celle d’une blockchain financière classique.

Cependant, le projet a souffert d’une centralisation historique, d’une architecture difficile à stabiliser, de retards, d’un écosystème limité et d’une concurrence devenue beaucoup plus efficace. Le lancement de Rebased représente une nouvelle chance, mais aussi une forme de recommencement : IOTA doit désormais prouver qu’elle peut rivaliser comme plateforme de smart contracts, et pas seulement défendre son concept original de Tangle.

L’intelligence artificielle constitue probablement l’une des meilleures opportunités narratives et technologiques pour IOTA. Les agents autonomes, les objets connectés et les paiements automatisés correspondent bien à sa vision initiale. Mais cette opportunité ne deviendra un avantage durable que si elle se traduit par des utilisateurs, des applications et des transactions réelles.

En résumé : IOTA n’est pas nécessairement condamnée, mais son avenir dépend moins de ses promesses que de sa capacité à convertir enfin sa technologie en adoption mesurable.

Sources

((1)) IOTA Foundation, « The IOTA Rebased Mainnet Upgrade », 22 avril 2025, https://blog.iota.org/rebased-mainnet-upgrade/. La migration du réseau principal a commencé le 5 mai 2025. (blog.iota.org)

((2)) A. Giaretta et al., « From IOTA Tangle 2.0 to Rebased: A Comparative Analysis of IOTA’s Consensus Evolution », 2025, https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12157984/.

((3)) VentureBeat, « IOTA launches IoT data marketplace, envisions devices autonomously buying and trading information », 2017, https://venturebeat.com/business/iota-launches-iot-data-marketplace-envisions-devices-autonomously-buying-and-trading-information.

((4)) IOTA Foundation, « Technical and Tokenomics Whitepaper », 30 mai 2025, https://www.iota.org/pdf/IOTA_Technical_and_Tokenomics_Whitepaper.pdf. Le document décrit notamment l’émission de 767 000 IOTA par époque, les récompenses de staking, les frais et le mécanisme de brûlage. (iota.org)

((5)) IOTA Foundation, « Fetch.ai and the IOTA Foundation to Offer Autonomous Economic Agents », 13 décembre 2021, https://blog.iota.org/fetch-ai-and-the-iota-foundation-collaborate-to-offer-autonomous-economic-agents-on-the-tangle/. La collaboration a également été présentée dans les communications IOTA de 2021. (blog.iota.org)

((6)) IOTA Foundation, « What is IOTA? », page institutionnelle consultée le 20 septembre 2026, et présentation de Serguei Popov comme cofondateur. (iota.org)

((7)) IOTA Foundation, « IOTA Streams », documentation et présentation technique du protocole de partage de données, consultées le 20 septembre 2026. (files.iota.org)

((8)) IOTA Foundation, « IOTA Rebased: Fast Forward » et « Technical View », 18 novembre 2024. Ces documents décrivent le passage vers MoveVM, le consensus Mysticeti, la preuve d’enjeu déléguée, la compatibilité EVM et les performances annoncées. (blog.iota.org)

((9)) IOTA Foundation, « IOTA’s Stardust Upgrade and the Evolution of IOTA Tokenomics », 2023. Cette source documente le remplacement du Coordinator par un comité de validateurs lors de Stardust et l’évolution transitoire de la décentralisation. (blog.iota.org)

((10)) IOTA Foundation, « IOTA Mainnet », page institutionnelle consultée le 20 septembre 2026. Elle distingue le réseau principal fondé sur Move et l’IOTA EVM présentée comme une solution de seconde couche. (iota.org)

← Back to articles